Le texte que nous allons étudier est extrait de la pièce de théâtre : « les Bonnes » écrite par Jean Genet en 1947.Jean Genet est un écrivain, poète et auteur dramatique français appartenant au XXème siècle. Cet écrivain se sert d’une écriture raffinée et riche afin d’exalter la perversion des personnages, le mal l’érotisme à travers la célébration de personnages ambivalents au seins de mondes interlopes. Cette pièce est inspirée d’un fait divers, Les Bonnes serait en faite Les sœur Papin bien que Jean Genet nie s’en être inspiré. .Cette pièce raconte l’histoire de deux sœurs : Solange l’aînée qui semble être la plus révoltée et Claire qui parait la plus réservée des deux Ces deux bonnes sont au service d’un couple de riches bourgeois depuis plusieurs années, elles entretiennent une relation ambiguë homosexuelle. Elle jouent un rôle de théâtre dans le théâtre : Claire se prend pour madame et Solange pour Claire. Dans l’extrait que nous avons étudié qui se situe tout au début de la pièce,(page 15-17) on assiste à un dialogue entre les deux sœurs .Ainsi ,nous pouvons donc nous demander ,si cette scène est réellement une scène d’exposition ? Afin de répondre à cette problématique, dans une première partie nous étudierons le cadre spatio-temporel, qui nous est présenté, puis dans une seconde partie nous analyserons la présentation des personnages ainsi que l’intrigue.
Dès la première didascalie, le lecteur peut prendre connaissance intégralement du cadre spatio- temporel .Effectivement, d’abord il sait que la scène se passe dans la chambre de Madame d’autant plus qu’il y a de nombreux détails par rapport à la manière dont elle se présente .Par exemple à la ligne 1 : «les meubles de Louis XV»nous indique que le milieu de Madame est très aisé, ce qui s’oppose à la situation des bonnes qui sont plutôt issue d’un milieu pauvre.
Ensuite il nous ait dit qu’au fond de la pièce : « la fenêtre est ouverte sur la façade d’un immeuble »l2-3,cela nous pousse à dire que si la vue de la chambre tombe sur un immeuble ,elle exprime donc en quelque sorte un manque de liberté ,un manque d’air donc une sorte de cloisonnement ou de prison ,ce qui renvoi à la situation des bonnes.
Puis la disposition des meubles, c’est à dire « à droite le lit »l 3 « à gauche une porte et une commode »l3-4 veut dire que la chambre de Madame est ordonnée mais qu’elle est aussi fade et vide,en quelque sorte sans âme ,donc sans sentiments ,donc sans scrupules,ce qui renvoi à l’état d’esprit des maîtresses de maison .
Enfin il nous ait dit que la pièce est pleine de fleurs « des fleurs a profusions » ligne 4, ce qui est en opposition avec les bonnes puisque les fleurs sont synonymes de raffinement ,de beauté donc cela nous rapporte encore une fois à l’opposition principale de la pièce qui distingue la maîtresse des bonnes,le monde raffiné du monde négligé.Par ailleurs,le lecteur sait que la scène se passe le soir grâce à la ligne 15 « c’est le soir »,contrairement au spectateur qui ne le sait pas directement.
Contrairement au lecteur on peut dire que le spectateur connaît mieux le cadre spatio temporel de la pièce puisque tout lui est présenté sur scène.On peut même ajouter que le spectateur est même plus informé que le lecteur puisqu’il a plus de détails et n’a pas besoin de s’imaginer la scène.
Or mis le fait que le cadre spatio temporel peut nous indiquer si l’on assiste ou non à une scène d’exposition ,la présentation des personnages ainsi que l’intrigue sont aussi des éléments primordiaux .Eléments que nous allons étudier dans cette seconde partie.
On peut donc déjà dire que le rôle des personnages est très confus.En effet ,le spectateur ne connaît pas réellement le rôle des deux personnages mis en scène.
Tout porte à croire que l’actrice qui joue Solange est Claire et que celle qui joue Claire est Madame.Ce qui est contraire au lecteur ,puisque dès la première didascalie,Solange est présentée « petite robe noire de domestique »ligne 6 et l’on sait que qu’a proximité ,il y a une autre robe noire.Donc cela nous sous entend que cette robe appartient à Claire.
De plus on peut dire que le fait de qualifier les habits des bonnes de « noires » à plusieurs reprises appuis sur le monde sinistre et triste auquel les elles appartiennent .Cette confusion peut être aussi compréhensible pour le spectateur puisque Claire est habillée en maîtresse alors que Solange est habillé en bonne.
Effectivement ,Claire parait être la maîtresse puisqu’elle tutoie Solange et qu’elle lui donne systématiquement des ordres en utilisant l’impératif ce qui montre bien sa supériorité et ainsi qu’il s’agit bien d’une relation entre une maîtresse et sa bonne : « Ne te gêne pas fais ta biche »elle utilise une antiphrase ce qui appuie la supériorité de Claire sur Solange.
Ensuite le fait que le démonstratif « ces » est répété deux fois page 15 « et ces gants, ces éternels gants ! »Plus les points d’exclamation permettent de former une insistance sur le dégoût, le rejet de l’univers de l’autre. Puis on peut voir une opposition entre le monde pure de la maîtresse et le monde impure des bonnes par l’utilisation du mot « émeraude »p17.Effectivement, il oppose ces deux univers, puisqu’il est la chasteté et la pureté, d’autant plus qu’il est associé à « la robe blanche » qui est opposé à la robe noire de domestique, donc l’opposition entre le pure et l’impure.
Enfin la violence des propos entre les deux personnages montre le frontière entre les deux univers, c’est à dire que les bonnes posent elle mêmes leurs frontières au lieu de les rompre.On peut voir cela à travers la page 17 « que vous êtes grosse avouez le ! »qui exprime la jalousie entre les deux sœurs et notamment à travers la répétition.
De « crachat » page 16 qui exprime un profond dégoût de l’une pour l’autre .On peut voir aussi une opposition entre l’amour et la haine à travers « elle tend son pied »page 17en parlant de Solange alors qu’auparavant Claire l’a dénigrait en utilisant une oxymore « vous êtes hideuse ma belle ».donc le geste sensuel s’oppose au rejet de l’autre, donc l’amour s’oppose à la haine.De plus Claire joue madame signifie que lorsqu’on est à un niveau on change.Le milieu d’où l’on vient détermine que l’on devient.
Ainsi on peut conclure que c’est une scène d’exposition à travers son cadre spatio temporel,sa présentation des personnages et son intrigue.Cependant ,elle induit le spectateur en erreur puisque contrairement au lecteur il ne peut pas directement cerner le vrai rôle des personnages.Cette scène nous renvoie au monde d’aujourd’hui car effectivement ,on ne peut plus discerner le faux du vrai.
* Princia *
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